Matières sèches - Bannir le plastique dans les emballages est une priorité pour les vins de Champagne

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En 2003, la filière vitivinicole champenoise a réalisé son premier bilan carbone – remis à jour tous les 5 ans – et s’est fixé un objectif de réduction de 25% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025. « Au dernier diagnostic en 2018, nous étions à -14%, la réduction est bien entamée, mais il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers », rappelle Pierre Naviaux, responsable de projets développement durable du Comité Champagne.

Les matières sèches ont fait partie des premiers axes de travail dans la démarche d’écoconception, avec en tête la bouteille: le poids de la bouteille collective champenoise en verre allégée a été abaissé à 835 g contre 900 g auparavant. L’inclusion du taux de calcin dans le verre a également été fixé au taux le plus élevé : 90%. Reste l’amélioration du bilan carbone du processus d’élaboration. « Le projet Biovive, d’alimentation des fours des verriers par du biogaz obtenu par pyrogazéification a montré la faisabilité du process, mais il n’est pas compétitif actuellement face au pétrole », remarque Pierre Naviaux. 

Beaucoup d’efforts ont déjà été effectués, mais il reste encore quelques points à grapiller ça et là : « Il est possible d’opter pour une coiffe courte, qui ne descend pas jusqu’au col, d’utiliser du polyéthylène biosourcé, de jouer sur l’épaisseur de ce complexe polyéthylène-aluminium. Dans ce cas, la collerette pourrait être supprimée. »

Privilégier les fibres papier aux plastiques

Le principal axe de progrès concerne les matières sèches les plus lourdes (cartons, étuis, intercalaires) sur lesquelles les innovations se concentrent ces dernières années. « Le mot d’ordre est de bannir le plastique, y compris pour les intercalaires, et d’opter pour des matériaux recyclables comme le carton, la cellulose moulée, etc. Il est possible de travailler sur l’épaisseur des cartons, encore parfois trop importante, notamment pour l’emboxage peu automatisé. »

Les progrès de demain se feront aussi sur les modes de transport, et en amont sur l’optimisation des palettes.

« Il faut réfléchir bien en amont, dès la conception des produits, à comment seront remplies les palettes, pour réduire au maximum les volumes morts. Selon la taille des coffrets, parfois à quelques millimètres près, il est possible de remplir une palette avec 10 à 15 % de bouteilles en plus », estime Pierre Naviaux.

Ensuite, vient l’optimisation logistique, qui est du ressort des transporteurs. Le choix du mode de transport sera un levier fort dans l’avenir. « Pour le secteur continental, le transport routier est malheureusement dominant, mais il peut être amélioré avec des véhicules roulant au gaz, à l’électrique notamment pour les derniers kilomètres. Pour le grand export, plusieurs maisons de champagne sont partenaires pour développer le fret par cargo voilier, permettant d’expédier des centaines de palettes sur de longues distances. Cela pourrait être une perspective intéressante de développement, notamment en direction de l’Amérique du Nord, marché clé pour la Champagne, avec ce qui ne gâte rien une image très valorisante auprès du grand public. »

Article paru dans Viti Leaders n°465 de novembre-décembre 2021

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